25 auteurs, les invités de Sylvie Andreu.
Ce petit livre, faut-il le préciser, qui tient dans la poche, est un hommage que je rends à mon métier, celui de la radio, de l’entretien, voire de la confidence, et aux villes, certaines que je connais et d’autres pas, et qui ont toujours eu ma préférence.
Pendant des années, j’ai sillonné les routes, les paysages et les quartiers de tous bords (« Le Pays d’ici1 »). J’avais acquis une telle connaissance des atmosphères urbaines, que je savais, à la première humeur que je respirais d’une ville, en descendant du train, si j’allais m’y plaire ou non. Attentive aussi à l’allure de la rue principale qui se dégage du parvis de la gare et vous invite à la découverte des lieux : longiligne, sinueuse, éclairée, sévère, plantée, minérale, passante ou abandonnée. Tout est dit ou presque dès les premiers pas. Ensuite, ce sont les habitants qui font la différence et je n’ai pas eu à me plaindre. À les écouter, j’ai découvert un trésor, et à tracer la route, je me suis constituée une de mes cartes de France préférée, celle des gens, des vins et des mets.
J’ai recueilli dans les studios de France Culture pour les émissions « Vivre sa ville » et « Envie de villes »2, les témoignages d’illustres et infatigables marcheurs, bâtisseurs ou simples promeneurs, attirés par les lumières des centres ou curieux des arrière-cours et des chemins de traverse. Ils m’ont ouvert les yeux et appris à aimer le chaos et la tendresse, l’anonymat et la solidarité, le vivre ensemble et la solitude que l’on rencontre aux quatre coins des villes du monde. La ville est l’air que nous respirons et nous nous portons bien.
Vous les avez entendus sur France Culture, vous allez les lire. Tous heureux de l’aventure qui se prolonge aujourd’hui et qui les relie autour de la planète : cinq villes pour cinq continents. Comment choisir ? Ce fût assez simple, je savais ce que j’avais envie d’entendre : la magie des villes sorties de nulle part et d’autres connues de tous, des impressions intimes, des images flash et des traces laissées au coin des rues (disparues aujourd’hui ?). Je savais avec qui j’avais envie d’en parler : des poètes, des architectes, des photographes, tous émus, tous tenus par leur rapport à la ville, la tête pleine et le carnet de voyage noirci de notes et de croquis. Ils sont venus, pour eux et pour les autres, heureux de faire partie du voyage et de donner envie.
Ce petit livre n’est pas un guide, ce sont des cartes postales, de celles que l’on collectionne et qui sont le prétexte à se pencher sur notre condition urbaine. Bon voyage…