Algéries 50

LIVRE PUBLIÉ EN PARTENARIAT AVEC LA CITÉ NATIONALE DE L’HISTOIRE DE L’IMMIGRATIONSous la direction de Yahia Belaskri et Elisabeth LesneLe monde a changé, dit-on, depuis le 11 septembre 2001. Certes. Pour les Etats-Unis d’Amérique frappés au cœur par le terrorisme. Pour le monde, sidéré par les images des tours jumelles du World Trade Center en flammes, effondrées. Pour les pays d’islam mis en accusation. L’Irak puis l’Afghanistan ont cristallisé cette confrontation Occident-Islam.Le monde a changé dit-on, depuis la révolution tunisienne et ce qui a été appelé le Printemps arabe. Certes. Printemps qui a entraîné la chute de dictateurs en poste depuis de longues années, Ben Ali fuyant comme un bandit, après avoir mis son pays en coupe réglée ; Moubarak, le pharaon tout-puissant régnant par la corruption et la brutalité, momifié par son peuple ; le fantasque El Kadhafi, leader autoproclamé d’un pays sans loi, sans droits ni institutions, renversé et traqué comme un rat. D’autres prédateurs suivront certainement pour confirmer ce changement.Pour les Algériens, le monde a changé il y a cinquante ans. Brutalement. Avec du sang et des larmes. Après cent trente deux ans de colonisation française et plus de sept ans d’une guerre terrible qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts, succédant à trois siècles d’occupation ottomane et d’autres occupations qui les ont précédés, le pays devient souverain. Le 3 juillet 1962 était proclamée l’indépendance de l’Algérie et naissait la République Algérienne Démocratique et Populaire. Pays exsangue, société déboussolée, mémoires blessées, la reconstruction est ardue et semée d’embûches.Cinquante ans après, c’est un pays qui sort d’une guerre civile meurtrière, traumatisante, en proie à des difficultés sociales, politiques, économiques qui s’apprête à faire son bilan. A l’enthousiasme et l’utopie des premières années s’est substitué un immense désespoir malgré les ressources financières colossales engrangées ces dernières années. Cinquante ans après, le bilan des brutalités et humiliations subies jette un voile épais sur les réalisations qui auraient été accomplies. Les Algériens, femmes et hommes, sauront dresser le bilan nécessaire et engager les changements adéquats. Cela leur appartient. Le travail littéraire présenté dans cet ouvrage, fait à plusieurs mains, ne prétend à rien, absolument rien d’autre que l’expression de subjectivités, individuelles, intimes, de femmes et d’hommes, aux horizons tout aussi éclatés, aux aspirations non moins variées, tous évoquant leur rapport à l’Algérie. Ce qui leur a été demandé, récit, témoignage ou fiction, et qu’ils expriment avec talent.Ils sont Algériens vivant en Algérie. Et l’amertume les étreint, tordant leurs mots. Dans leurs textes, une guerre cache l’autre, l’occulte même et l’amertume fait oublier les rêves nourris par plusieurs générations. Rêves extirpés, arrachés, douleurs lancinantes, cicatrices profondes, tels se présentent-ils à nous, nus et libres, la rage au ventre, le verbe sanglant.Ils sont Algériens, vivant en Europe, en particulier en France, et l’exil enrichit leur vision et leur regard. Attendris, sans altérer leur lucidité ni leur capacité créatrice, triturant les mots, les ciselant, pour dire la terre algérienne, ses blessures et les espérances de ses enfants.Ils sont Français, nés en Algérie, y ayant vécu et / ou travaillé pour certains, l’ayant seulement visité pour d’autres, et leurs sentiments sont empreints d’amour, leurs mots irrigués d’indulgence, de bienveillance aussi et d’espoir.Ils sont Français, nés de parents originaires d’Algérie, et leurs mots s’emmêlent, s’entremêlent, se croisent pour dire les souffrances d’hier, celles de leurs parents, les malentendus d’aujourd’hui, les leurs, et l’inconfort de leur situation.Ecrivains pour la plupart, ou journalistes, critiques, enseignants pour d’autres, écrivant tous, ils dépassent le récit historique fabriqué, s’en détachent, le contournent, l’évacuent, se focalisent sur le sort de l’individu, l’être humain, dans son entièreté et dans ce qu’il a de plus profond, sa dignité d’Homme. Ainsi, ils offrent, non de la nostalgie, même si certains écrits la laissent deviner, mais de la lucidité, de la distance et, surtout, l’amour d’une terre rude et attachante, à l’histoire séculaire, tumultueuse, complexe et paradoxale.Femmes et hommes, ils explorent le secret des mots pour rendre intelligibles les souffrances cachées, les cicatrices éventrées. Pas seulement, appelant à l’ouverture des cœurs et des esprits, ils se veulent résolument optimistes, croyant aux capacités de la jeunesse algérienne pour qui vivre dignement est le seul objectif. «  »

Résumé

25 ÉCRIVAINS ALGÉRIENS ET FRANÇAIS S'EXPRIMENT SUR LES CINQUANTE DERNIÈRES ANNÉES DE L'ALGÉRIE

1ère partie : l’Algérie par hasard

Jérôme Ferrari Un amour compliqué

Jean-Pierre Han Un lien secret

Roland Strahm L’éveil

Marie-Joëlle Rupp Algérienne autoproclamée

Nadia Roman Ma tribu s'agrandit

 

2ème partie : Algérie amère

Arezki Metref Tectonique des murs

Rachid Mokhtari Fils de veuve, fils de chahid

Lazhari Labter Polyphonie pour un pays de longue peine

Brahim Hadj-Slimane Quelle libération ?

Leila Marouane Si le paradis existe...

Anouar Benmalek De la malédiction d'être Arabe et de quelques moyens d'y échapper

3ème partie : Ancrages

Alice Cherki Ceci n’est pas un conte

Abdelkader Djemaï Fragments d’Oran

Yves Ouahnon Une enfance oranaise

José Lenzini Le portique des mémoires

Yahia Belaskri Un homme est mort, un seul le pleure

4ème partie : Traversées

Fatéma Bekhaï Le "Ville-de-Marseille""

Elsa Dassi Dissimulée

Mabrouk Rachedi Tahar

Fatima Besnaci-Lancou Le petit chasseur de lapins

Rémi Yacine Au nom de mon père

 

Final

Nathalie Philippe Mon Algérie mystérieuse

Christiane Chaulet-Achour Appartenance

Bernard Magnier Putain de guerre, butin de paix

"

Informations

ISBN 978-2-35074-223-6
Date de parution février 2012
Façonnage Broché
Dimensions 22.5 x 15.5 cm
Pages 288
Illustré Non

Thèmes associés

algerie, independance, temoignage

Région(s)

Afrique du Nord
Prix :

19,50